La guerre des Mondes

La guerre des MondesRay Ferrier n’est pas un père modèle et a du mal à s’entendre avec ses enfants qu’il ne voit que de temps en temps. Mais un jour, il est témoin avec ses enfants d’une énorme tempête qui semble sonner l’arrivée de nouveaux envahisseurs.

Voilà donc le nouveau projet de Steven Spielberg arrivé sur les écrans, tel un rouleau compresseur, fort de son cachet ‘H.G Wells’ et de sa marque déposée Tom Cruise. Pour son nouveau film catastrophe, le metteur en scène s’était mis tous les atouts dans la poche pour créer l’évènement et faire de cette Guerre des Mondes, le blockbuster de l’été.

Malheureusement, disons le tout net, ce projet vieux de 10 ans ne tient pas toutes ses promesses et pire, n’apporte vraiment pas grand chose de nouveau dans son genre.
On peut accorder à Spielberg un goût pour l’éclectisme. Il sort en effet de comédies plus (‘Catch me if you can’) ou moins (‘The Terminal’) réussies, ou de films SF (‘Minority report’, ‘AI’)… Il enchaîne là sur un film catastrophe qui se veut, de part sa renommée, de par ses moyens et de par son ambition, mettre tout le monde d’accord.

Pourtant, Spielberg patine assez vite, malgré une phase d’exposition pas inintéressante, même si on a du mal à croire au Tom Cruise docker syndicaliste. Jusqu’à l’arrivée après la tempête, on est dedans et on y croit. Mais la vision peut-être trop gigantesque détonne un peu avec certaines scènes filmées maladroitement (à tel point que c’en est choquant), et surtout n’offrant aux personnages que peu de chance de s’illustrer naturellement. Les scènes semblent être écrites pour faire comprendre telle réaction, et ne sont que trop rarement juste. Si bien qu’on n’y croit pas vraiment, à ce père de famille qui au fond aime ses enfants, et surtout, plus grave, on se désinteresse d’eux. Du coup, on a beau nous servir du gros vaisseau façon ID4 et de l’alien raptorisé (on se croirait parfois dans Jurassic Park), tout cela est plutôt mou.

Si tout ne fonctionne pas aussi bien qu’on le voudrait c’est peut-être aussi à cause des acteurs, Tom Cruise en tête qui dénote dans plusieurs scènes et qui joue parfois au comique malgré lui (la berceuse, quelle catastrophe). On a droit également à un parachutage en règle de Tim Robbins, qui bien que pas vraiment mauvais n’est pas crédible une seconde après son apparition draculesque. Reste donc les enfants, notamment la fille, qui s’en sort plutôt bien malgré ses cris stridents.

‘La Guerre des Mondes’ est donc une véritable déception, car malgré des SFX de premier ordre, Spielberg semble englué dans certains clichés et n’apporte strictement rien avec ce film. Même pas une synthèse intelligente et originale du genre, et encore moins un divertissement agréable.

Steven Spielberg cessera-t-il un jour de nous éblouir ? La question est loin d’être innocente à la vue de son dernier chef d’oeuvre « La Guerre des Mondes ». Le film n’est peut-être pas parfait mais la magie opère et Spielberg réanime en un coup de baguette l’âge d’or de la science-fiction période fifities. Avec en sus une bonne dose d’humanité et des effets spéciaux dantesques. Ne cherchez pas plus loin, voilà la blockbuster de cet été.

Des les prémisces de l’écriture du scénario, Spielberg donne ses consignes à David Koepp. Il souhaite raconter l’histoire d’un type banal confronté à une situation qui le poussera dans ses derniers retranchements. Pour jouer le papa raté, Tom Cruise, parfait dans ce rôle à contre-emploi. D’un point de vue totalement intimiste, le film de Spielberg entend bien faire table rase de tout ce qui a déjà été fait dans le genre, « Indepedence Day », pour n’en citer qu’un. Ici nul patriotisme, nul cigare en coin de bouche, juste un film de trouille efficace dont seule la fin, passablement ratée, fera tâche.

Evidemment la patte du cinéaste transpire tout du long. Cet exode chaotique post-11 septembre rappelle celui des Juifs dont Spielberg avait indirectement illustré la déportation avec sa « Liste de Schindler ». Les valeurs familiales ou religieuses charpentent aussi le film qui pourtant ne se perd que rarement en palabres inutiles. Les scènes de destruction se suivent, la musique lourde de John Williams à l’unisson. Les extra-terrestres avancent inéluctablement, les militaires étant bien incapables de les ralentir.

De la première adaptation du chef d’oeuvre de Wells par Byron Haskin et George Pal, Spielberg conserve surtout un superbe huis-clos dans une cave qui lui offre toute latitude pour étoffer ses personnages. Car toute la force du cinéma spielbergien, c’est d’impliquer le spectateur à travers des acteurs charismatiques. Comme la jeune Dakota Fanning, parfaite en petite fille rebelle.

Mais Spielberg ne nous lâchera jamais pendant près de deux heures. Pas une seconde de répis dans ce qui s’apparente à un vrai tour de force. Bouclés en quelques mois seulement, les SFX sont grandioses. Les images numériques combinées aux maquettes photo-réaliste donnent vie aux idées de Spielberg. Et le film s’assume totalement dans son rôle d’entertainer. Tour à tour drôle, émouvant, tragique ou spectaculaire notamment durant la fameuse scène du ferry. Respectant sans les trahir les codes du blockbuster, Spielberg nous en livre un exemple parfait. Pas débilisant, pas chiant et diablement attachant. Oui le blockbuster de l’été.